On estime que jusqu’à 51 % des chevaux en Amérique du Nord sont trop gras et que jusqu’à 8 % sont obèses. [1][2][3]

Une combinaison de facteurs mène à un gain de poids excessif chez les chevaux, principalement le manque d’activité physique et la surconsommation de calories.

Les besoins caloriques des équidés dépendent de nombreux facteurs comme l’âge, la race, l’hérédité, l’exercice et le stade de vie. [4] Certains animaux engraissent facilement. Ils ont tendance à prendre du poids rapidement.

Ce gain de poids facile peut être un signe de syndrome métabolique équin et d’hyperinsulinisme, les principales causes de laminite. Le surpoids peut affecter les performances, la santé générale de l’animal et la robustesse de ses articulations. [5]

Si votre cheval est trop gras, le vétérinaire et un nutritionniste équin peuvent vous aider à élaborer un programme d’alimentation et de gestion qui favorise une perte de poids saine. Cet article contient des conseils essentiels pour nourrir les chevaux trop gras afin de les aider à perdre du poids.

Comment savoir si un cheval est en surpoids?

Le score d’état de chair est une méthode qui permet d’évaluer les dépôts adipeux sous-cutanés du cheval, c.-à-d. la graisse corporelle qui s’accumule directement sous la peau.

L’évaluation de l’état de chair consiste à attribuer au cheval un score de 1 à 9. Un score de 1 représente un cheval émacié ou extrêmement maigre. Ceux qui ont un score de 9 sont très obèses. [6]

Un cheval en bonne santé devrait avoir un score de 5 sur l’échelle de 9 points. Un score de 4 ou de 6 peut toutefois être acceptable en fonction du stade de vie du cheval, de son âge et de ses éventuels problèmes de santé.

Un score de 7 signale un cheval en surpoids. On attribue les scores de 8 et de 9 aux animaux obèses. [4][6]

L’évaluation de l’état de chair

Au fur et à mesure que les chevaux prennent du poids, la graisse s’accumule sur l’ensemble du corps et dans les six régions suivantes : [6]

  • sur l’attache de la queue;
  • sur la croupe;
  • le long du garrot;
  • le long de l’encolure;
  • sur les côtes;
  • derrière les épaules.

En observant et en palpant ces régions clés, on arrive à situer le cheval dans le système de notation à 9 points.

Suivez les étapes de ce guide d’évaluation de l’état de chair du cheval pour déterminer si le vôtre est trop gras et a besoin de perdre du poids.

Les études montrent que les propriétaires sous-estiment souvent l’état de chair de leur cheval, en particulier lorsqu’il est en surpoids. [1] Il est sage de demander au vétérinaire ou à un nutritionniste équin de donner un deuxième avis.

Quelles sont les causes du surpoids chez les chevaux?

Tout cheval peut devenir trop gras ou obèse lorsque son apport calorique et sa dépense énergétique ne sont pas en équilibre. Cela dit, de nombreux facteurs de risque spécifiques aux animaux et au milieu de vie peuvent hausser la probabilité qu’un individu devienne trop gras ou obèse.

Les facteurs de risque du gain de poids exagéré peuvent inclure ceux qui suivent : [1][7][8][9]

  • La disponibilité des aliments: un excès de nourriture au-delà des besoins du cheval peut entraîner un gain de poids.
  • Le type d’aliment: les fourrages, les céréales, les sous-produits de son et les moulées commerciales riches en calories peuvent contribuer à la prise de poids.
  • La race: certaines races génétiquement prédisposées au syndrome métabolique équin prennent du poids plus facilement. C’est le cas notamment des poneys, des chevaux miniatures, des ânes, des mules, des chevaux arabes, des Morgan, des chevaux ibériques, des chevaux canadiens, entre autres. En revanche, la génétique des grandes races de trait et des races à sang chaud comme les Hackney et les Thoroughbred ne les prédispose pas au gain de poids.
  • Le niveau d’exercice: les chevaux à l’entretien, que l’on monte soit pour le loisir ou pas du tout, sont plus susceptibles d’être en surpoids que les chevaux qui font de la compétition et qui sont astreints à un programme d’entraînement régulier.
  • La gestion: les chevaux hébergés exclusivement sur des pâturages luxuriants sont plus susceptibles d’être en surpoids que les chevaux gardés en stalle avec des sorties quotidiennes.
  • La saison: l’accès à volonté au pâturage au printemps et en été est associé à un risque accru d’obésité.
  • L’âge: les jeunes animaux sont moins enclins à être trop gras à moins d’être suralimentés et confinés. Une fois que la croissance s’achève, le gain de poids peut devenir un problème. Les chevaux cessent de grandir en moyenne vers l’âge de quatre ans. La prise de poids coïncide souvent avec le développement du syndrome métabolique équin et, si on ne nourrit pas correctement le cheval, la laminite.

Pourquoi doit-on s’inquiéter si un cheval est trop gras?

Il importe de maintenir les chevaux en bonne santé.

Les chevaux trop gras et obèses sont plus enclins à souffrir du syndrome métabolique équin ou à développer la maladie de Cushing (DPIP) parce que le syndrome métabolique prédispose au gain de poids. Si on ne contrôle pas l’hyperinsulinisme, cet état peut dégénérer en laminite.

Les chevaux en surpoids courent aussi le risque de souffrir de plusieurs troubles de santé, y compris, mais sans s’y limiter, ceux qui suivent : [1][4][11][12][13][14][15]

  • l’arthrite;
  • l’hyperlipidémie;
  • une baisse de rendement reproducteur;
  • la formation de lipomes qui étranglent les intestins;
  • des troubles de thermorégulation;
  • l’intolérance à l’exercice.

L’alimentation du cheval en surpoids

Les pratiques alimentaires jouent un rôle clé à la fois dans le traitement et la prévention de l’obésité.

Lorsqu’un cheval est trop gras, il faut diminuer les calories contenues dans son alimentation pour créer un déficit calorique. Voici des conseils à suivre pour le choix du fourrage et l’approvisionnement des aliments.

Pour hausser le niveau d’activité du cheval, on introduit des exercices appropriés afin de stimuler la perte de poids et d’améliorer la santé de son métabolisme.

Si vous souhaitez obtenir une aide personnalisée en vue de soigner un cheval trop gras, transmettez-nous ses informations en ligne. Vous recevrez gratuitement une évaluation de son régime alimentaire. Nos nutritionnistes vous aideront à identifier les facteurs qui contribuent au gain de poids de votre cheval et à concevoir un programme de perte de poids.

1) Éliminer les céréales et les moulées commerciales

Pour réduire l’apport calorique du cheval, on doit diminuer graduellement ou éliminer complètement les céréales et les moulées commerciales de son alimentation.

Les moulées complètes à base de céréales et les moulées sucrées fournissent beaucoup de calories supplémentaires dont la majorité des chevaux n’ont pas besoin.

De plus, ces aliments contiennent une grande quantité de sucres et d’amidon, collectivement appelés glucides hydrolysables. Les glucides hydrolysables sont la partie des glucides non structuraux que l’intestin grêle digère et qui contribue à la réaction à l’insuline. Les glucides non structuraux incluent aussi le fructosane qui ajoute des calories lors de la fermentation, mais qui ne déclenche pas de libération d’insuline.

L’excès de glucides hydrolysables a par ailleurs des effets négatifs sur la santé du système digestif et le comportement. L’organisme du cheval digère rapidement les sucres et l’amidon, ce qui accroît le taux de sucre dans le sang.

Cette réaction déclenche la libération d’insuline, une hormone qui signale à l’organisme d’entreposer du glucose (sucre) sous forme de glycogène dans le foie et les cellules musculaires. L’organisme emmagasine les calories supplémentaires sous forme de graisse.

Le métabolisme des chevaux souffrant d’insulinorésistance jumelée au DPIP ou au syndrome métabolique équin (SMÉ) a des réactions exagérées à l’insuline en présence de glucides hydrolysables. Cette hausse d’insuline peut provoquer la laminite.

Une première étape facile pour aider le cheval à perdre du poids consiste donc à éliminer le surplus de calories en passant d’une alimentation à base de moulées commerciales et de céréales à un régime axé principalement sur le fourrage.

2) Restreindre les autres sources de calories

Les sous-produits de son et les suppléments de matières grasses sont de bonnes sources de calories pour les chevaux qui ont tendance à maigrir, ceux qui travaillent fort ou les animaux qui ont besoin de calories supplémentaires pour maintenir leur poids.

En revanche, on doit limiter ces aliments ou les éliminer complètement de l’alimentation des chevaux trop gras.

Les suppléments de matières grasses et les huiles sont particulièrement denses en calories. En effet, ces aliments procurent 9 kilocalories (kcal) par gramme.

S’il faut un aliment pour mélanger les suppléments, la pulpe de betterave convient bien, car elle est pauvre en sucre et en amidon. Elle peut absorber jusqu’à quatre fois son poids à sec en eau. Une petite quantité suffit amplement dans la plupart des cas.

3) Privilégier un régime axé principalement sur le fourrage

Le fourrage devrait constituer la plus grande partie de l’alimentation du cheval en surpoids. Le foin est riche en fibres. Les microbes qui vivent dans l’intestin postérieur fermentent ces fibres et synthétisent des acides gras volatils (AGV), la source d’énergie idéale pour les chevaux.

L’alimentation axée principalement sur le fourrage favorise le maintien d’un microbiome intestinal sain. Elle permet au cheval d’exprimer ses comportements de pâturage naturels. Elle diminue ainsi la prévalence des stéréotypies comme le tic de l’ours et le tic à l’appui ou en l’air.

En outre, les fourrages prennent plus de temps à mastiquer que les concentrés, ce qui prolonge la durée des repas et diminue le risque de formation d’ulcères.

Le foin est moins calorique que le haylage (ensilage préfané) ou le pâturage. Il s’agit donc d’un meilleur choix pour les chevaux trop gras. [3] Les fourrages de moins bonne qualité, par exemple le foin récolté tardivement, peuvent d’autre part aider à réduire l’apport calorique.

On choisit un foin de graminées coupées à maturité, comme le foin de fléole des prés (mil) ou de chiendent pied-de-poule (cynodon), des plantes qui contiennent moins de protéines et d’énergie digestible. Il faut restreindre ou éliminer le foin de légumineuses riche en calories, notamment la luzerne et le trèfle.

L’analyse du foin permet de connaître la densité calorique du fourrage et de calculer la quantité que le cheval doit recevoir.

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4) Remplacer le foin par de la paille

Si on ne trouve pas de foin de graminées mature à faible teneur en calories, la paille ou le foin haché contient peu de calories et peut remplacer jusqu’à 25 % de la ration de foin du cheval. On peut aussi donner de la paille à volonté avec le foin pour ajouter une source de fibres à la ration.

Si le cheval reçoit déjà un foin de graminées matures, la différence calorique par rapport à la paille est minime. Celle-ci n’offre alors probablement aucun avantage pour la perte de poids.

Si on donne de la paille, on doit s’assurer d’enlever les têtes et les graines. On augmente progressivement la quantité de paille dans le régime alimentaire d’au plus 10 % par jour pour donner à l’intestin du cheval le temps de s’adapter.

De plus, le cheval doit avoir accès à de l’eau en tout temps et recevoir un supplément de sel pour l’encourager à boire. Cette pratique réduit le risque qu’il souffre de coliques d’obstruction lorsqu’il mange de la paille.

Cette dernière contient peu de protéines et de vitamines. Elle est souvent pauvre en minéraux. Sa teneur élevée en fibres peut causer le syndrome d’écoulement anal chez certains animaux.

5) Restreindre en toute sécurité l’apport de fourrage

Les chevaux en surpoids doivent recevoir quotidiennement une ration de foin équivalant à un minimum de 1,5 % de leur poids vif, sauf indication contraire du vétérinaire. [3][17]

Pour un cheval de 500 kg (1 100 lb), cela correspond à 7,5 kg (16,5 lb) de fourrage par jour. Il faut peser quotidiennement la ration de fourrage des chevaux trop gras pour vérifier qu’ils reçoivent la bonne quantité.

Une quantité moindre peut conduire à la malnutrition et peut paradoxalement aggraver l’insulinorésistance. Cet état peut précipiter le syndrome d’hyperlipémie chez les chevaux miniatures, les poneys ou les ânes.

Les animaux dont on restreint la ration de fourrage ont d’autre part une incidence plus élevée de comportements stéréotypés. Ce sont des comportements répétitifs indésirables sans utilité apparente qui se développent en réaction au stress ou à l’ennui. Voici quelques exemples de stéréotypies :

Il importe de modifier progressivement le régime alimentaire du cheval. Pour restreindre la consommation de fourrage, on peut installer un filet ou une mangeoire d’alimentation lente pour accroître le temps que le cheval passe à manger.

6) Faire tremper le fourrage

Le trempage du foin ou du fourrage dans de l’eau froide peut éliminer de 24 à 43 % des sucres simples. Cette méthode diminue la valeur calorique du fourrage et fait en sorte qu’il convienne mieux au cheval en surpoids. [3]

Les propriétaires de chevaux font généralement tremper leur foin durant 30 à 60 minutes avant la distribution. Par temps chaud, il faut éviter de faire tremper le foin pendant plus de deux heures et le distribuer immédiatement après le trempage pour éviter la prolifération de bactéries nocives. [3]

7) Restreindre l’accès au pâturage

Les sorties au pâturage sont importantes pour le bien-être du cheval. En revanche, ceux qui ne font pas d’exercice peuvent rapidement dépasser leurs besoins caloriques même en broutant de l’herbe de qualité moyenne. [22]

Il faut contrôler soigneusement l’accès au pré pour limiter l’apport calorique et prévenir la laminite induite par le pâturage chez les chevaux atteints du syndrome métabolique équin. [17]

Le simple fait de diminuer le temps passé au pâturage peut ne pas suffire à leur faire perdre du poids. En effet, les chevaux peuvent ingérer jusqu’à 4 Mcal par heure passée en liberté. Ils comblent ainsi leurs besoins d’entretien en aussi peu que 4 à 5,5 heures. [22]

Il faut alors envisager d’utiliser une muselière de pâturage pour limiter la consommation d’herbe. Les muselières diminuent l’apport de 30 à 80 %[18][19]

On met le cheval au pré aux heures où les glucides non structuraux et hydrolysables contenus dans l’herbe sont au plus bas, par exemple tôt le matin. [17] Il faut éviter de le sortir lorsque le pâturage est gelé ou surexploité. La teneur en fructosane et en sucres simples de l’herbe est alors à son maximum.

Les niveaux de glucides hydrolysables sont à leur apogée au printemps lorsque l’herbe est luxuriante et pousse rapidement, à l’automne juste avant l’arrivée de l’hiver et lorsqu’on vient de faucher le pré. [17] On peut devoir retirer les chevaux trop gras du pâturage durant ces périodes pour éviter un apport calorique excessif et la laminite s’ils souffrent d’hyperinsulinisme.

8) Mettre en œuvre des stratégies de gestion des pâturages

En plus de contrôler l’accès du cheval au pré, les méthodes de gestion du pâturage suivantes peuvent aider à garantir que le cheval dispose d’un paddock convenable pour brouter.

  • Les enclos dénués d’herbe: les enclos dénués d’herbe sont des paddocks clôturés qui où ne pousse aucune herbe. Les mises en liberté dans un enclos dénué d’herbe permettent au cheval trop gras de faire de l’exercice tout en veillant à ce qu’il n’ingère pas trop de calories. On met alors du foin ou de la paille peu calorique dans l’enclos.
  • Le pâturage en bandes: le pâturage en bandes consiste à diviser le pâturage en plusieurs sections en installant des clôtures afin que les chevaux ne puissent brouter que de petites bandes à la fois. Il faut éviter le surpâturage du pré.
  • Les systèmes de pistes: parfois désignés « Paddock Paradise », les systèmes de pistes consistent à installer des clôtures pour aménager un couloir sur le périmètre d’un pré. On place la nourriture, l’eau et les abris à différents endroits le long de la piste pour favoriser la mobilité des chevaux.
  • Les herbages à l’état sauvage: cette méthode consiste à mettre les chevaux en liberté dans un pré qui n’est pas amélioré ou fertilisé et où poussent des plantes indigènes. La culture de nombreux herbages améliorés vise une hausse de leur contenu calorique destiné aux bovins élevés à l’herbe. En revanche, ces végétaux peuvent s’avérer problématiques pour les chevaux trop gras.

9) Combler les besoins en vitamines et en minéraux

Le foin seul ne comble pas tous les besoins nutritionnels des chevaux. Ceux astreints à un régime alimentaire restreint en vue de favoriser la perte de poids courent un plus grand risque de carences en vitamines et en minéraux.

Un supplément concentré de vitamines et de minéraux permet d’équilibrer l’alimentation du cheval sans ajouter un surplus de calories. Il vaut mieux éviter les équilibreurs de ration qui requiert un taux d’alimentation élevé, car ils peuvent ajouter des calories et des protéines inutiles à la ration du cheval.

Le supplément Omneity Premix de Mad Barn est un supplément de vitamines et de minéraux très pauvre en calories. Il est idéal pour les chevaux en surpoids. Des experts ont élaboré Omneity pour équilibrer la plupart des régimes axés principalement sur le fourrage. Il procure au cheval des oligo-éléments entièrement organiques. De plus, il est enrichi de la gamme complète des vitamines B et contient des enzymes digestives pour promouvoir la santé intestinale.

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Les chevaux doivent en outre avoir accès à du sel en cristaux à volonté pour répondre à leurs besoins en sodium et stimuler l’hydratation.

10) Limiter ou éliminer les friandises

La recherche montre que les chevaux qui reçoivent un surplus des friandises courent un risque plus élevé de devenir obèses. [7]

Les friandises commerciales sont souvent riches en glucides non structuraux et hydrolysables. Elles ajoutent des calories inutiles à la ration du cheval en surpoids. [7] Les fruits et certains légumes peuvent aussi contenir trop de sucre et sont à éviter.

Si les friandises font partie de l’entraînement du cheval, il est préférable d’opter pour des produits à base de fourrage qui contiennent peu de glucides hydrolysables, par exemple des cubes ou des granulés de foin. De plus, il faut vérifier que ces produits ne contiennent pas de sucres ajoutés comme la mélasse.

À quelle vitesse les chevaux perdent-ils du poids?

On s’attend à ce que les chevaux qui reçoivent une ration de fourrage correspondant à 1,5 % de leur poids vif perdent de 0,5 à 1 % de leur poids par semaine environ. La perte de poids varie d’un cheval à l’autre en fonction de l’apport calorique du fourrage et du niveau d’exercice. [3]

Si le cheval ne maigrit pas, il faut envisager de consulter le vétérinaire et un nutritionniste pour identifier tout facteur ou trouble de santé potentiel qui pourrait empêcher la perte de poids.

Le vétérinaire peut recommander de restreindre davantage la ration de fourrage à 1 % ou 1,25 % du poids vif. On doit alors procéder avec prudence. L’animal doit faire l’objet d’une surveillance étroite pour détecter tout effet indésirable ou l’apparition de stéréotypies. [3]

La perte de poids tend à ralentir ou à se stabiliser au bout de douze semaines de restriction calorique. Il peut alors être nécessaire de limiter davantage l’apport calorique du cheval ou d’augmenter son niveau d’exercice. [3]

Les médicaments

Si les recommandations d’alimentation et de gestion mentionnées précédemment ne mènent pas à une perte de poids suffisante, le vétérinaire peut envisager un traitement médical.

Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle dans la régulation du taux métabolique des chevaux. Certains animaux qui ont un faible taux d’hormones thyroïdiennes peuvent avoir du mal à perdre du poids et bénéficier d’une médication.

La lévothyroxine sodique est une forme synthétique d’hormone thyroïdienne. Une étude menée sur des chevaux qui ont reçu de la lévothyroxine à des doses suffisamment élevées pour induire l’hyperthyroïdie pendant 48 semaines a constaté des baisses de poids importantes et une amélioration de la sensibilité à l’insuline. [21]

Cela dit, la perte de poids elle-même explique probablement l’amélioration de la sensibilité à l’insuline des sujets. Des travaux ultérieurs ont montré que la supplémentation thyroïdienne n’avait aucun effet sur la sensibilité à l’insuline. [24][25]

La metformine est un autre médicament employé pour hausser la sensibilité à l’insuline des chevaux. Certains vétérinaires l’ont proposé comme traitement pour la perte de poids chez les chevaux atteints d’un dysfonctionnement métabolique. Toutefois, les premières études suggèrent qu’elle a une faible biodisponibilité lorsqu’on l’administre par voie orale. [22] Une dose de 30 mg par kilogramme administrée deux fois par jour est efficace pour diminuer le taux d’insuline, mais elle n’accélère pas la perte de poids. [3]

Les inhibiteurs du SGLT2 sont des médicaments relativement nouveaux qui visent à contrôler le niveau d’insuline. Ils agissent en inhibant la récupération du glucose à partir du sang filtré par les reins et en accroissant l’élimination du glucose dans l’urine. Ils engendrent indéniablement une perte de poids. Mais on doit équilibrer celle-ci soigneusement avec un taux très élevé de triglycérides qui provient de la mobilisation des graisses. [26]

Maintenir le poids du cheval

Une fois que le cheval a atteint un état de chair convenable, le nutritionniste peut élaborer un programme de gestion du poids à long terme qui tient compte à la fois du régime alimentaire et du programme d’exercice.

Celui-ci vise à équilibrer l’apport calorique digestible du cheval et ses besoins caloriques pour qu’il puisse conserver un poids sain. Il profitera toujours d’une alimentation axée principalement sur le fourrage qui inclut suffisamment de vitamines et de minéraux. [22]

De plus, on doit continuer à évaluer l’état de chair du cheval au moins une fois par mois pour vérifier qu’il maintient un poids normal. Le ruban gradué pour le poids équin permet de surveiller rapidement les changements et de modifier l’alimentation et la gestion au besoin. [4][6]

Nous vous invitons à transmettre les informations au sujet de votre cheval en ligne pour obtenir gratuitement une évaluation de son régime alimentaire de la part des nutritionnistes équins qualifiés de Mad Barn. Ils vous aideront à élaborer un programme d’alimentation pour la perte de poids adapté à l’état physiologique, aux circonstances d’alimentation, à la race, à la charge de travail et aux besoins individuels de votre cheval.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet des chevaux en surpoids :

Résumé

De nombreux chevaux prennent du poids en trop lorsque leur apport calorique dépasse leur niveau d’activité, et certaines races ou tendances métaboliques rendent la prise de poids encore plus probable. Reconnaître les premiers signes de surconditionnement et ajuster à la fois l’alimentation et la gestion sont essentiels pour prévenir des complications de santé telles que la fourbure ou un dysfonctionnement métabolique.

  • La prise de poids est influencée par de multiples facteurs, notamment un fourrage riche en calories, des aliments à base de grains, un exercice limité, des changements saisonniers des pâturages et une prédisposition génétique
  • L’évaluation de l’état corporel aide à déterminer où la graisse s’accumule, permettant aux propriétaires d’identifier plus précisément les chevaux en surpoids et de suivre les progrès au fil du temps
  • Le surconditionnement augmente le risque de syndrome métabolique, de contraintes articulaires, de déséquilibre hormonal et de diminution de la capacité de performance
  • Les programmes de perte de poids reposent sur la réduction de l’énergie alimentaire au moyen de rations à base de fourrage, la diminution des concentrés, le trempage du foin, la restriction de l’accès au pâturage et la gestion des méthodes d’alimentation
  • Le succès à long terme dépend de l’équilibre entre les calories et la charge de travail, de la satisfaction des besoins en vitamines et minéraux, de la surveillance régulière de l’état corporel et de l’ajustement de la gestion à mesure que l’état du cheval change
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Références

  1. Kosolofski, H.R. et al. Prevalence of obesity in the equine population of Saskatoon and surrounding area. Can Vet J. 2017.
  2. Christie, J.L. et al. Demographics, management, and welfare of nonracing horses in Prince Edward Island. Can Vet J. 2004.
  3. Durham, A.E. et al. ECEIM consensus statement on equine metabolic syndrome. J Vet Intern Med. 2019.
  4. Geor, R.J. et al. Dietary management of obesity and insulin resistance: countering risk for laminitis. Vet Clin North Am Equine Pract. 2009.
  5. Harker, I.J. et al. The body condition score of leisure horses competing at an unaffiliated championship in the UK. J Equine Vet Sci. 2011.
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  10. Hitchens, P.L. et al. Prevalence and risk factors for overweight horses at premises in Sweden assessed using official animal welfare control data. Acta Vet Scand. 2016.
  11. Geor, R.J. Metabolic predispositions to laminitis in horses and ponies: obesity, insulin resistance and metabolic syndromes. J Equine Vet Sci. 2008.
  12. Walshe, N. et al. A multiomic approach to investigate the effects of a weight loss program on the intestinal health of overweight horses. Front Vet Sci. 2021.
  13. Johnson, P.J. et al. Medical implications of obesity in horses—lessons for human obesity. J Diabetes Sci Technol. 2009.
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  15. Speakman, J.R. Obesity and thermoregulation. Handb Clin Neurol. 2018.
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  17. Frank, N. et al. Equine metabolic syndrome. J Vet Intern Med. 2010.
  18. Frank, N. et al. Effects of long-term oral administration of levothyroxine sodium on glucose dynamics in healthy adult horses. Am J Vet Res. 2008.
  19. Sommardahl, C.S. et al. Effects of oral administration of levothyroxine sodium on serum concentrations of thyroid gland hormones and responses to injections of thyrotropin-releasing hormone in healthy adult mares. Am J Vet Res. 2005.
  20. Glunk, E.C. et al. The effect of a limit-fed diet and slow-feed hay nets on morphometric measurements and postprandial metabolite and hormone patterns in adult horses. J Anim Sci. 2015.
  21. Frank, N. et al. Effects of long-term oral administration of levothyroxine sodium on glucose dynamics in healthy adult horses. Am J Vet Res. 2008.
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  24. Chameroy, K.A. Diagnosis and Management of Horses with Equine Metabolic Syndrome (EMS). PhD dissertation. University of Tennessee. 2010.
  25. Kellon, E.M. Thyroid Hormone and Equine Metabolic Syndrome (EMS). American Horse Publications. 2022.
  26. Kellon, E.M. and Gustafson, K.M. Hypertriglyceridemia in equines with refractory hyperinsulinemia treated with SGLT2 inhibitors. Open Vet J. 2023.