Vous cherchez des moyens de prévenir l’ennui chez votre cheval? Les activités d’enrichissement pour chevaux ne sont pas nécessairement dispendieuses et elles sont faciles à réaliser.
De nombreux propriétaires de chevaux sont conscients des fondements du bien-être animal. Ils savent que les chevaux ont besoin d’alimentation, d’eau, d’un abri, de sécurité et d’une aide médicale en cas de besoin. Mais il manque souvent aux chevaux une composante essentielle du bien-être animal : la possibilité d’exprimer les comportements naturels propres à l’espèce.
Il peut être difficile d’offrir aux chevaux domestiqués un mode de vie naturel qui répond à leurs besoins sociaux et comportementaux.
Les chevaux sont animés d’un puissant instinct de recherche de nourriture souvent limité par les pratiques de régie modernes. De plus, l’hébergement individuel dans une écurie peut restreindre leurs comportements sociaux.
Jusqu’à 20 % des chevaux développent des comportements répétitifs et stéréotypés en réaction à leur contexte de vie domestique, notamment ceux qui suivent :
- Le tic à l’appui ou tic d’éructation : le cheval appuie la mâchoire sur un objet solide, arque l’encolure et aspire de l’air.
- Le tic en l’air : le cheval aspire de l’air comme pour le tic à l’appui, mais sans prendre appui sur un objet.
- Le tic déambulatoire : le cheval marche constamment ou décrit des cercles dans la stalle.
- Le tic de l’ours : le cheval bascule son poids ou balance la tête d’un côté à l’autre.
Heureusement, on peut contrer les lacunes du milieu de vie domestique en offrant aux chevaux des activités d’enrichissement, souvent appelées enrichissement environnemental, qui leur permettent d’exprimer leurs comportements naturels.
En quoi consiste l’enrichissement équin?
L’enrichissement équin est une pratique d’élevage qui vise à améliorer le milieu de vie des chevaux domestiqués. On l’accomplit en procurant aux animaux des stimuli environnementaux qui favorisent un bien-être psychologique optimal. [1]
L’enrichissement peut aider les chevaux à exprimer un comportement normal adapté à l’espèce, à prévenir l’ennui et à réduire l’incidence des comportements stéréotypés.
De 10 à 20 % environ des chevaux domestiqués développent des stéréotypies. Les éthologues, des scientifiques qui étudient le comportement animal, pensent que ces comportements sont une tentative du cheval de composer avec un mode de vie qui n’est pas adapté à son espèce. [5]
L’enjeu des milieux de vie domestiques
Les chevaux dans leur milieu naturel passent jusqu’à 75 % de leur temps à brouter et à se déplacer pour chercher de la nourriture. Ce comportement d’alimentation continue et de recherche de nourriture englobe tout ce qui est lié à l’alimentation.
On le confond souvent avec le simple fait d’ingérer du fourrage, mais il comprend également d’autres comportements tels que le broutement, la sélection, le pacage, le reniflement, la manipulation, le mordillage et l’ingestion. [2]
Malheureusement, les chevaux domestiqués peuvent passer aussi peu que 10 % de leur temps à brouter et à chercher de la nourriture. [3] Pendant ce court laps de temps passé à s’alimenter, ils ne se livrent pas à la gamme complète des comportements de recherche de nourriture; ils se contentent de mordre et d’ingérer les aliments.
Cet écart drastique de 65 % dans la durée passée à brouter et à chercher de la nourriture affecte la plupart des chevaux domestiqués. Il se traduit par de longues périodes de désœuvrement passées debout sans exprimer la totalité des comportements alimentaires propres à l’espèce.
De plus, la locomotion est un aspect essentiel du comportement naturel des chevaux, en particulier lorsqu’ils broutent et cherchent de la nourriture.
Dans la nature, ceux-ci prennent rarement plus de deux bouchées avant de se déplacer vers une nouvelle parcelle de terrain. Les chevaux domestiqués ont tendance à s’installer ou à être nourris à un seul endroit. Par conséquent, ils se déplacent très peu ou pas du tout. [4]
Une partie de l’enjeu découle de la composition du régime alimentaire et de la manière de distribuer les rations aux chevaux. Les régimes axés sur le fourrage où l’on met le foin dans des filets d’alimentation lente exigent beaucoup plus de temps à manger que les rations riches en amidon. Ils stimulent ainsi certains comportements de recherche de nourriture.
Il est essentiel d’équilibrer le régime alimentaire du cheval pour répondre à la fois à ses besoins nutritionnels et comportementaux, en plus d’assurer l’ensemble de son bien-être physique et mental.
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Les axes d’enrichissement du milieu de vie des chevaux
Le comportement d’alimentation continue et de recherche de nourriture
Grâce à l’enrichissement, on peut inciter artificiellement les chevaux à s’alimenter et à chercher de la nourriture pendant de plus longues périodes.
Cette pratique consiste à leur offrir des objets à sentir et à manipuler, à les inciter à brouter des bourgeons, de l’écorce et d’autres végétaux, ainsi qu’à se servir de leur système de recherche.
L’horaire de distribution de la nourriture
En règle générale, le temps passé à manger une ration de foin restreinte ne représente que 10 % des activités quotidiennes du cheval. Il existe toutefois des moyens d’étirer le temps consacré à manger cette même quantité de fourrage.
Certaines stratégies empêchent le cheval de manger son fourrage trop rapidement et éveillent sa curiosité.
Le mouvement
Il n’est pas naturel pour un cheval de rester immobile toute la journée devant un tas de foin. On observe souvent ce problème lorsque les chevaux ont accès au foin ad libitum (à volonté), parce qu’ils n’ont plus à se déplacer ou à paître pour trouver leur nourriture et s’alimenter.
L’enrichissement encourage le mouvement naturel pour éviter que le cheval passe de longues périodes debout devant l’unique mangeoire à foin.
L’ennui et le désœuvrement
L’ennui est un enjeu pour de nombreux chevaux domestiqués qui passent une grande partie de leur temps à ne rien faire.
L’enrichissement peut fournir aux chevaux une stimulation autre que la nourriture et il peut même encourager le jeu.
Les stéréotypies et les troubles de comportement
Plusieurs études ont démontré que l’enrichissement aide à réduire les troubles de comportement que cause le désœuvrement.
L’enrichissement peut d’autre part servir à promouvoir des comportements souhaitables, à diminuer l’anxiété de séparation et à réduire les compulsions d’automutilation. [6]
Les autres bienfaits de l’enrichissement
D’autres bienfaits de l’ajout d’éléments d’enrichissement à la routine de votre cheval incluent notamment : [6][8][9]
- la diminution du stress;
- la possibilité pour les chevaux de faire des choix et d’exercer un certain contrôle sur leur environnement;
- une réduction de la formation d’ulcères gastriques en minimisant la privation de nourriture;
- l’accès à des activités qui contribuent à la désensibilisation et permettent d’introduire positivement de nouveaux objets.
La recherche sur l’enrichissement des chevaux
Des chercheurs français ont mené une étude d’enrichissement équin sur deux groupes de chevaux hospitalisés à la clinique de chirurgie équine de l’ENVA (École Nationale Vétérinaire d’Alfort). L’un des groupes a été hospitalisé dans les conditions habituelles, tandis que le second a bénéficié d’un environnement enrichi.
Dans les conditions d’hébergement standards, les chevaux ont passé en moyenne 27 minutes par jour à manifester un comportement stéréotypé, alors que le groupe gardé dans le milieu enrichi n’y a consacré en moyenne qu’une minute par jour.
De plus, le groupe enrichi a moins réagi aux soins des plaies et aux autres manipulations liées au traitement, a développé moins de complications et d’inflammation, et a enregistré des scores de douleur plus bas. [7]
Davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer l’effet de l’enrichissement sur les stéréotypies chez les chevaux. Des études préliminaires montrent cependant qu’offrir un environnement enrichi peut prévenir les comportements stéréotypés.
Les catégories d’enrichissement pour les chevaux
Les techniques d’enrichissement sont divisées en cinq catégories : [1]
- L’enrichissement physique: il réfère aux structures physiques et à l’aménagement du milieu de vie, y compris les stalles, le terrain ou les enclos.
- L’enrichissement sensoriel: ce sont des éléments qui mettent en jeu l’un des cinq sens, soit l’ouïe, le toucher, l’odorat, la vue et le goût.
- L’enrichissement cognitif: il vise la stimulation mentale, par exemple des activités qui suscitent la curiosité.
- L’enrichissement social: il réfère aux interactions entre chevaux et avec des animaux d’autres espèces.
- La nourriture et l’enrichissement alimentaire: il a pour but de favoriser le comportement de pacage et de recherche de nourriture, et d’offrir des façons stimulantes de recevoir la nourriture.
Avant de concevoir des activités d’enrichissement pour les chevaux, voici quelques facteurs à considérer.
Les besoins alimentaires
Si on a affaire à des chevaux qui ont des besoins alimentaires spéciaux ou qui souffrent de troubles métaboliques comme le syndrome métabolique équin, il faut veiller à ce que les activités d’enrichissement ne les suralimentent pas ou ne contiennent pas trop d’aliments sucrés.
L’aide d’un nutritionniste équin est précieuse pour s’assurer que le cheval reçoit les nutriments appropriés et bénéficie d’une alimentation équilibrée. La distribution des rations quotidiennes peut être l’occasion de leur offrir des activités d’enrichissement alimentaire sans apporter de changement majeur à leur diète.
La néophobie (nourriture)
La néophobie est la tendance d’un animal à craindre tout ce qui est nouveau. Elle tend à se manifester par la résistance à essayer de nouvelles choses ou à changer de routine.
Des études ont montré que les chevaux, même s’ils peuvent avoir une forte réaction néophobe aux aliments inconnus, les acceptent mieux si on y introduit des odeurs familières. [10]
L’introduction de nouveaux aliments avec des aliments déjà connus peut aider un cheval à accepter la nouveauté.
La néophobie (objets)
Les changements de routine, y compris l’introduction d’enrichissements environnementaux, sont une source de stress pour de nombreux chevaux. Cela est particulièrement vrai pour ceux qui ont déjà adopté des comportements stéréotypés.
La recherche a constaté que les chevaux qui développent des comportements stéréotypés ont plus de difficulté à réagir adéquatement aux nouveaux stimuli. [11]
Pour s’assurer que l’enrichissement ne devienne pas une expérience stressante, il vaut mieux commencer par introduire des activités simples en surveillant les signes de stress. On doit permettre au cheval de participer de lui-même à l’activité sans force ni pression, en particulier lorsqu’on lui présente de nouveaux objets.
Les groupes de chevaux
Lorsqu’on ajoute des activités d’enrichissement à un enclos ou à un pré que partagent plusieurs chevaux, il faut prévoir plusieurs emplacements d’enrichissement pour atténuer le comportement de protection des ressources.
La gestion du temps
Des études zoologiques ont révélé que le temps supplémentaire nécessaire à la mise en œuvre des activités d’enrichissement constitue une préoccupation majeure pour les propriétaires de chevaux. [12] Nous avons choisi des activités relativement simples et rapides à réaliser afin que vous puissiez commencer à les offrir à votre cheval dès aujourd’hui.
Neuf activités d’enrichissement pour les chevaux à réaliser soi-même
Les activités d’enrichissement pour les chevaux n’ont pas besoin d’exiger beaucoup de temps ou d’être coûteuses. Voici neuf activités d’enrichissement peu dispendieuses à réaliser soi-même en moins de 20 minutes.
1) Disperser la moulée

Temps de mise en œuvre : moins d’une minute, selon l’emplacement.
Coût de mise en œuvre : moins de 5 $.
Matériel : aliments au choix.
Niveau : novice.
La méthode : cette activité d’enrichissement consiste à disperser les céréales, les granulés, de petits morceaux de légumes et d’autres aliments sur le sol autour du cheval ou dans son enclos.
Il s’agit d’une activité d’enrichissement facile à intégrer à la routine quotidienne qui demande peu de temps.
Le principe : comme mentionné précédemment, la locomotion et la recherche de nourriture sont des composantes essentielles du comportement naturel des chevaux.
Cette activité encourage le mouvement et la recherche de nourriture, et elle aide à prévenir l’ennui. Elle peut d’autre part augmenter le temps passé à se nourrir et constitue un excellent moyen d’enrichir les enclos.
2) Le remplissage des bacs d’alimentation ou des mangeoires

Temps de mise en œuvre : quelques secondes, à condition que le cheval mange déjà des céréales ou des suppléments en granulés tous les jours.
Coût de mise en œuvre : moins de 5 $.
Matériel : aliments au choix, bac ou mangeoire et matériau de remplissage au choix.
Niveau : novice-intermédiaire, selon le choix du matériau de remplissage.
La méthode : cette activité d’enrichissement consiste à créer une barrière mobile entre les chevaux et leur ration de moulée.
Le principe : cette activité ajoute un enrichissement sensoriel qui met en jeu les cinq sens en incorporant des couleurs, des sons, des odeurs et des textures inédits.
Le matériau de remplissage ralentit la consommation des concentrés et accroît les comportements de recherche de nourriture. Les matériaux de remplissage complexes et les articles qui requièrent une manipulation pour extraire les aliments du bac ou de la mangeoire procurent également un enrichissement cognitif.
Les matériaux de remplissage : cette activité est très personnalisable. On peut choisir différents matériaux pour créer de nouvelles expériences stimulantes.
L’ajout de quelques pommes de pin dans le bac ou le seau d’aliments est un geste facile qui ne coûte rien. On peut aussi utiliser d’autres articles sans danger pour les chevaux tels que des nouilles de piscine, des bouteilles d’eau (que l’on peut remplir de cloches, d’eau, d’eau colorée ou de gros cailloux), du papier froissé ou des rouleaux de papier hygiénique.
3) La promenade d’enrichissement

Temps de mise en œuvre : la durée souhaitée.
Coût de mise en œuvre : GRATUIT.
Matériel : un moyen de diriger le cheval.
Niveau : novice.
La méthode : cette activité d’enrichissement est aussi simple qu’elle le paraît. Un dépaysement et une belle journée suffisent.
Si le cheval est anxieux, on peut simplement le sortir de son pré pour brouter l’herbe de l’autre côté de la clôture. Si l’équipe a plus d’assurance, elle peut faire une randonnée à travers les bois en permettant au cheval de marcher à son propre rythme et d’explorer le nouvel environnement.
Le principe : cette activité procure un enrichissement social et sensoriel au cheval. S’aventurer à deux est un merveilleux moyen de tisser des liens et d’apporter un enrichissement social.
Donner l’occasion au cheval de se nourrir dans de nouveaux endroits est aussi un excellent moyen d’incorporer l’enrichissement alimentaire.
4) La boîte de récupération ou d’enrichissement

Temps de mise en œuvre : moins de 5 minutes.
Coût de mise en œuvre : moins de 10 $.
Matériel : aliments, une boîte et un matériau de remplissage au choix.
Niveau : de novice à avancé, selon le matériau de remplissage.
La méthode : cette activité demande un peu plus d’efforts, mais c’est une excellente façon de remédier à l’ennui.
On commence par trouver une boîte en carton sans agrafes ni ruban adhésif. On remplit le fond de la boîte avec de la nourriture en guise de récompense et on ajoute un matériau de remplissage au choix.
Cette boîte est beaucoup plus profonde qu’une mangeoire ordinaire. Le simple fait de mettre les aliments dans la boîte sans remplissage peut suffire au début.
Une fois que le cheval a pris de l’assurance avec la boîte, on peut ajouter des matériaux de remplissage ou des « tapis de fouille », envelopper les aliments dans des serviettes ou emballer légèrement la boîte dans du papier. Ce sont d’excellents moyens de faire progresser cette activité tout en entretenant la nouveauté et l’intérêt du cheval.
Le principe : cette activité favorise la stimulation cognitive et l’enrichissement sensoriel en introduisant de nouveaux objets qui mettent en jeu les cinq sens, soit l’ouïe, le toucher, l’odorat, la vue et le goût.
Dans sa forme la plus simple, le cheval doit manipuler un objet pour accéder à sa nourriture. En introduisant plus de complexité, on peut proposer au cheval un casse-tête cognitif plus ardu.
Le remplissage : il s’agit d’une autre activité très personnalisable que l’on peut adapter de différentes manières. Comme mentionné précédemment, les matériaux de remplissage sont tout ce qui est sans danger pour les chevaux et qui complique la récupération des aliments.
5) Le pansage

Temps de mise en œuvre : moins de 20 minutes.
Coût de mise en œuvre : GRATUIT, à condition de posséder le matériel de pansage.
Matériel : matériel de pansage.
Niveau : novice.
La méthode : elle consiste à gâter le cheval en lui accordant du temps pour le panser. Il ne s’agit pas d’une séance de pansage de routine dans le seul but de le nettoyer. Cette séance doit plutôt se concentrer sur l’interaction entre l’humain et le cheval, et la notion de « toilettage réciproque ».
Si possible, on amène le cheval au pré et on interagit avec lui sans attache ni harnachement. La séance vise à découvrir les parties du corps où il préfère se faire grattouiller, caresser ou brosser.
Des études récentes ont montré que le langage dicté par les animaux de compagnie, un type de langage corporel employé avec les animaux qui s’apparente au langage des signes pour bébé, peut inciter le cheval à amorcer de nouveaux gestes de toilettage envers son manipulateur. [13]
Le principe : il s’agit d’un excellent moyen de tisser des liens, ainsi que de mettre en jeu l’enrichissement social et l’enrichissement sensoriel (tactile). La recherche a démontré que le toilettage mutuel abaisse le rythme cardiaque du cheval et favorise sa détente. [14]
6) Les articles de pansage autonome
Temps de mise en œuvre : > 20 minutes.
Coût de mise en œuvre : moins de 20 minutes.
Matériel : balai ou brosses, vis longues et perceuse.
La méthode : pour cette activité, on crée un tapis de grattage ou de brossage pour chevaux dans leur enclos. Il s’agit d’un excellent moyen d’ajouter un enrichissement permanent dans les paddocks.
Sur un poteau de clôture ou une structure semblable à un abri, on fixe un grand balai ou une brosse de garage. Il s’agit d’une excellente façon de réutiliser les vieilles brosses.
Le principe : cette activité modifie le milieu de vie physique du cheval tout en lui procurant un enrichissement sensoriel. Elle peut par ailleurs offrir une alternative saine aux chevaux qui s’usent les poils à l’excès sur les coins et les arêtes.
Remarque : comme pour tout article installé en permanence dans les enclos des chevaux, il faut vérifier régulièrement que les brosses sont toujours sécuritaires.
7) La bâche

Temps de mise en œuvre : moins de 20 minutes.
Coût de mise en œuvre : moins de 20 $.
Matériel : bâche, aliments et matériaux de remplissage.
Niveau : intermédiaire à avancé.
La méthode : pour cette activité, on étend une grande bâche sur le sol. Elle devient aussi une activité d’entraînement qui consiste à inciter le cheval à passer sur la bâche en suivant son manipulateur.
On peut ensuite disperser de la nourriture et des matériaux de remplissage sur la bâche pour stimuler les comportements de recherche de nourriture de l’animal.
Le principe : en sa qualité d’exercice d’entraînement, cette activité ajoute un aspect social à l’enrichissement alimentaire et sensoriel.
Si le cheval est nerveux autour de la bâche, on peut aussi exploiter cette activité pour le désensibiliser aux nouveaux objets. L’exécution en toute liberté permet au cheval d’avoir le choix et de décider de lui-même de marcher sur la bâche.
8) Le bloc de glace
Temps de mise en œuvre : moins de 20 minutes.
Coût de mise en œuvre : moins de 10 $.
Matériel : eau, aliments au choix, récipient et congélateur.
Niveau : novice.
La méthode : on remplit un récipient d’eau et on y ajoute du foin, de l’herbe, des pommes, des carottes, du céleri ou d’autres aliments appropriés. On congèle ensuite le récipient. Une fois que le bloc est gelé, on le décolle du récipient en faisant couler de l’eau tiède.
On peut placer ce bloc de glace directement sur le sol de l’enclos, dans un bac ou une mangeoire en caoutchouc ou encore le suspendre.
Le principe : il s’agit d’une activité sensorielle inédite pour le cheval et d’une façon novatrice de ralentir sa consommation alimentaire. Différentes combinaisons d’aliments créent de nouvelles expériences.
Cette activité permet aussi d’augmenter la consommation d’eau. Elle peut d’autre part contrer l’ennui de manière continue parce que la glace fond graduellement.
Fait amusant : les pommes flottent et les carottes coulent! C’est donc d’une excellente combinaison pour garantir qu’il y ait des aliments sur le dessus et le dessous du bloc de glace.
9) La boîte à œufs

Temps de mise en œuvre : moins de 5 minutes.
Coût de mise en œuvre : moins de 5 $.
Matériel : boîte à œufs ou plateau à boissons et aliments au choix.
Niveau : novice.
La méthode : on met des granulés, des morceaux de carotte, des céréales ou d’autres aliments dans une boîte à œufs ou un plateau à boissons en carton. Puis, on présente la boîte à œufs ou le plateau à boissons au cheval.
Le principe : c’est l’une des meilleures activités pour introduire l’enrichissement aux chevaux. Elle procure un enrichissement sensoriel, alimentaire et cognitif.
Extraire les aliments des alvéoles peut constituer un défi et peut devenir encore plus difficile si on referme la boîte à œufs. Si le cheval a trop de difficulté, on place la boîte ouverte dans une mangeoire pour éviter qu’elle se déplace. Le plateau à boissons offre la même expérience, mais avec des alvéoles plus grandes.
En résumé
Le bien-être des chevaux ne se limite pas à leur état physique; il inclut aussi leur état mental.
Lorsque les éthologues étudient le bien-être des animaux, ils ne se contentent pas d’évaluer seulement leur condition physique. Ils prêtent aussi attention à leur sensation globale de bien-être. Les environnements dénués d’enrichissement peuvent affecter l’état physiologique et comportemental des chevaux. Cela peut mener à l’ennui et au développement de comportements stéréotypés.
En ajoutant de l’enrichissement, les propriétaires peuvent réduire l’incidence des stéréotypies et minimiser le stress tout en encourageant le mouvement ainsi que les comportements naturels d’alimentation continue et de recherche de nourriture.
Passer moins de 20 minutes par jour à réaliser les activités mentionnées plus haut est un excellent moyen de commencer à enrichir le milieu de vie de vos chevaux.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’enrichissement pour les chevaux :
L’enrichissement équin consiste à améliorer l’environnement d’un cheval avec des stimuli qui soutiennent son bien-être psychologique et encouragent des comportements propres à l’espèce, comme le fourragement, l’interaction sociale et le mouvement. [1] Il peut réduire l’ennui et les comportements stéréotypés comme le tic à l’appui ou le tissage, qui sont souvent des signes de stress chez les chevaux domestiques. [5] L’enrichissement peut améliorer le bien-être global en répondant aux besoins physiques et mentaux des chevaux.
Les comportements stéréotypés comme le tic à l’ours, l’aérophagie, le piétinement au box et le tissage sont des indicateurs courants qu’un cheval n’arrive pas à satisfaire ses besoins comportementaux. Ces comportements se développent comme mécanismes d’adaptation dans des environnements restrictifs et peuvent toucher jusqu’à 20 % des chevaux domestiques. [5] Les stratégies d’enrichissement peuvent aider à réduire, voire à prévenir, ces comportements en offrant des exutoires appropriés pour l’activité naturelle.
L’enrichissement pour les chevaux peut être classé en cinq types : physique (modifier l’environnement), sensoriel (solliciter les cinq sens), cognitif (stimuler la résolution de problèmes), social (interaction avec d’autres animaux) et alimentaire (stimuler le fourragement et le comportement alimentaire). [1] La combinaison de différents types d’enrichissement soutient à la fois la santé mentale et physique du cheval et aide à reproduire des conditions de vie plus naturelles.
Résumé
Le bien-être du cheval englobe à la fois son état physique et son état mental, et un véritable bien-être repose sur la capacité à exprimer des comportements naturels propres à l’espèce.
- Les environnements dépourvus d’enrichissement peuvent avoir un impact négatif sur l’état physiologique et comportemental du cheval, entraînant de l’ennui et le développement de comportements stéréotypés.
- Les pratiques de gestion modernes limitent souvent le fourragement, le mouvement et les interactions sociales naturels, rendant difficile la satisfaction des besoins comportementaux des chevaux domestiqués.
- Jusqu’à 20 % des chevaux développent des comportements répétitifs et stéréotypés tels que le tic à l’appui, l’aérophagie, le déplacement en rond dans le box ou le balancement, comme moyen de faire face à ces contraintes environnementales.
- L’enrichissement permet de réduire les comportements stéréotypés, de diminuer le stress et d’encourager les comportements naturels de déplacement et de recherche de nourriture.
- Consacrer moins de 20 minutes par jour à des activités d’enrichissement simples constitue une façon efficace et réaliste d’améliorer l’environnement du cheval et son bien-être général.
Références
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- Thorne, J.B. et al. Foraging enrichment for individually housed horses: Practicality and effects on behaviour. Applied Anim Behav Sci. 2005.
- McGreevy, P. Equine Behavior - A Guide for Veterinarians and Equine Scientists, page 16. Saunders Elsevier. 2004.
- McGreevy, P. Equine Behavior - A Guide for Veterinarians and Equine Scientists, page 194. Saunders Elsevier. 2004.
- Nicol, C. Understanding equine stereotypies. Equine Vet J Suppl. 1999. View Summary
- Vinhas, L. and Oliva, V. Benefits of environmental enrichment in animal welfare: A literary review. Revista de Ciência Veterinária e Saúde Pública. 2016.
- Le Moal, C. Bien-être du cheval hospitalisé en clinique vétérinaire: évaluation etimpact de l'enrichissement de l'environnement. École nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA). 2015.
- Carlstead, K. and Shepherdson, D. Alleviating stress in zoo animals with environmental enrichment. In: The biology of animal stress: basic principles and implications for animal welfare. CAB eBooks. 2000.
- Murray, M.J. and Eichorn, E.S. Effects of intermittent feed deprivation, intermittent feed deprivation with ranitidine administration, and stall confinement with ad libitum access to hay on gastric ulceration in horses. Am J Vet Res. 1996. View Summary
- van den Berg, M. et al. Acceptance of novel food by horses: The influence of food cues and nutrient composition. Applied Anim Behav Sci. 2016.
- Mason, G. et al. Why and how we use environmental enrichment to tackle stereotypic behaviour?. Applied Anim Behav Sci. 2007.
- Hoy, J.M. et al. Thirty years later: enrichment practices for captive mammals. Zoo Biol. 2010.
- Lansade, L. et al. Horses are sensitive to baby talk: pet-directed speech facilitates communication with humans in a pointing task and during grooming. Anim Cogn. 2021. View Summary
- Feh, C. and de Mazieres, J. Grooming at a preferred site reduces heart rate in horses. Anim Behav. 1993.










