L’os du pied, également appelé phalange distale, troisième phalange ou P3, est situé à l’extrémité du membre du cheval, à l’intérieur de la boîte cornée du sabot. Il est suspendu à l’intérieur du sabot par les tissus lamellaires et entouré de tissus mous, la paroi dure du sabot assurant sa protection externe.
Sa forme unique permet de supporter le poids du corps et d’absorber les chocs à chaque foulée. Bien qu’il soit invisible, cet os joue un rôle central dans le soutien de l’ensemble du corps du cheval et dans le transfert des forces à travers la boîte cornée du sabot.
Lorsque les structures de soutien ou l’apport sanguin autour de l’os du pied sont perturbés, divers problèmes de boiterie peuvent survenir. Dans les cas de fourbure, la forme la plus avancée de la laminite, l’os du pied pivote ou s’enfonce, causant une douleur aiguë. Un stress chronique ou des chocs répétés peuvent entraîner une ostéite podale, une dégénérescence de la surface osseuse, tandis que des traumatismes directs ou une surcharge excessive peuvent provoquer des fractures.
Il est essentiel de détecter les boiteries liées à l’os du pied dès les premiers stades afin de préserver la santé locomotrice du cheval. Vous pouvez utiliser une pince exploratrice pour localiser les zones sensibles, surveiller le pouls digité et les variations de chaleur au niveau de la couronne, et collaborer avec votre vétérinaire pour identifier toute rotation, enfoncement ou érosion osseuse.
Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur l’os du pied, les formes de boiterie qui y sont associées et comment les détecter afin d’être prêt à intervenir si l’un de vos chevaux semble boiter.
Anatomie de l’os du pied chez le cheval
L’articulation interphalangienne distale (IPD) du sabot du cheval est une structure complexe formée par trois os : [1]
- L’os sésamoïde distal (os naviculaire)
- L’os court du paturon, ou P2
- L’os du pied
L’os du pied est également appelé troisième phalange, P3 et phalange distale. Il s’agit de la partie la plus près du sol à l’intérieur de la boîte cornée du sabot. [1]
Illustration: Dr. Ana Mesa, PhD Légende :
Long pastern bone : Os du paturon
Short pastern bone : Os de la couronne
Lamina : Lamelles
Hoof wall : Paroi du sabot
White line : Ligne blanche
Pedal bone : Os du pied
Flexor tendon : Tendon fléchisseur
Digital cushion : Coussinet digital
Navicular bone : Os naviculaire
L’os du pied tient son nom anglais, coffin bone, du fait qu’il est entièrement enfermé dans la boîte cornée du sabot, un peu comme un corps dans un cercueil. Cet os en forme de coin s’attache à la paroi du sabot par les tissus lamellaires et joue un rôle clé dans le soutien du poids et l’absorption des chocs. [1]
La surface de l’os du pied est irrégulière, avec une fine marge plantaire incurvée au bas et des processus palmaires (postérieurs) arrondis. De nombreuses petites ouvertures vasculaires (foramens) réparties sur toute sa surface permettent le passage des vaisseaux sanguins, irriguant l’os et les tissus sensibles environnants. [1]
5 types de boiteries liées à l’os du pied
En raison de sa position dans le sabot, l’os du pied est sensible aux traumatismes et est associé à plusieurs types de boiteries chez le cheval.
Les pathologies menant à ces boiteries varient des fractures aiguës aux lésions dégénératives chroniques dues à des chocs répétés, chacune impliquant différents types de dommages à la phalange distale.
Des facteurs contributifs tels qu’une conformation anormale du sabot, un parage ou ferrage inapproprié, et un sol dur peuvent augmenter la pression exercée sur l’os du pied et influencer la gravité de la boiterie.
Voici les cinq types de boiteries de l’os du pied les plus fréquents chez le cheval.
1) Forme phalangienne
La forme phalangienne basse désigne l’arthrose de l’articulation interphalangienne distale (IPD). Cette pathologie dégénérative se développe lorsque le cartilage à l’intérieur de l’articulation se dégrade, entraînant une inflammation, une prolifération osseuse et des raideurs articulaires.
Elle est plus fréquente aux antérieurs qu’aux postérieurs et peut provoquer une boiterie allant de légère à sévère selon l’étendue des dommages articulaires. [2]
D’autres signes de forme phalangienne basse peuvent inclure un gonflement dur ou un épaississement autour de la bande coronaire et, dans certains cas, un épanchement articulaire (accumulation de liquide dans l’articulation du pied). [2]
Diagnostic et traitement
Les vétérinaires peuvent diagnostiquer une boiterie causée par la forme phalangienne basse en utilisant des blocs nerveux pour localiser la source de la douleur. [2] D’autres méthodes diagnostiques pour confirmer la forme phalangienne basse peuvent inclure : [2]
- Les radiographie (rayons X)
- L’échographie
- La scintigraphie osseuse
- La tomodensitométrie
- L’imagerie par résonance magnétique (IRM)
- L’arthroscopie (chirurgie exploratoire)
La forme phalangienne basse ne peut pas être guérie mais sa prise en charge repose généralement sur une combinaison de méthodes, incluant : [2]
- Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- Des médicaments chondroprotecteurs
- Des injections intra-articulaires de corticostéroïdes
- Des injections d’acide hyaluronique (AH)
- La thérapie par cellules souches
- L’injection de protéines autologues (Prostride®)
- La thérapie par ondes de choc
- Des adaptations du ferrage
Le pronostic pour la forme phalangienne basse varie de réservé à bon, selon la gravité de chaque cas. [2]
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2) Fractures
Les fractures de l’os du pied sont une autre cause fréquente de boiterie. Elles sont généralement causées par un traumatisme direct au sabot. [3][4] Leur gravité peut varier, allant de petites fractures de stress à des fractures plus importantes affectant la stabilité de l’articulation et le fonctionnement du sabot.
La boiterie due à une fracture de la troisième phalange est souvent plus perceptible lors des virages. D’autres signes peuvent inclure : [4]
- Une chaleur au niveau du pied
- Une augmentation du pouls digité
- Une sensibilité lors de l’application d’une pince exploratrice
Les fractures de l’os du pied peuvent survenir chez n’importe quel cheval mais sont plus fréquentes chez les chevaux de course en raison des impacts et des contraites importantes exercées sur leurs sabots. La convalescence peut être difficile et plusieurs chevaux touchés ne retrouvent jamais leur niveau de performance antérieur. Selon une étude, de 50 à 63 % des animaux atteints font un retour à la compétition après une fracture de l’os du pied. [3][5]
Les fractures de l’os du pied surviennent généralement aux membres antérieurs, mais peuvent parfois toucher les postérieurs. Elles sont classées en sept catégories différentes en fonction de leur emplacement et du pronostic. [5]
Type I
Les fractures de type I impliquent les « ailes » de l’os du pied, qui sont de fines extensions plates de chaque côté de l’os aidant à ancrer les tissus mous dans le sabot. Comme ces fractures se produisent dans les ailes et ne s’étendent pas dans l’espace articulaire IPD, elles sont souvent appelées « fractures de l’aile ». [4][5]
Les signes cliniques peuvent inclure une sensibilité localisée lors de l’utilisation d’une pince exploratrice et une augmentation du pouls digité d’un seul côté du sabot. [4][5]
Un bloc nerveux digital palmaire unilatéral peut aider à localiser la douleur, mais la radiographie reste l’outil diagnostique principal. Les incidences standards ne montrent pas toujours la fracture, donc des incidences en angle sont souvent nécessaires. [4]
Les fractures de type I guérissent généralement en quatre à six mois, bien que la ligne de fracture puisse rester visible plus longtemps sur les radiographies. Le pronostic pour la reprise de l’activité sportive est considéré comme réservé à bon. [4]
Type II
Les fractures de type II sont des fractures articulaires verticales qui s’étendent dans l’articulation IPD. En se basant uniquement sur les signes cliniques, elles peuvent être difficiles à distinguer des fractures de type I, car les deux provoquent une boiterie localisée. Toutefois, les fractures de type II entraînent généralement une boiterie plus sévère et un épanchement articulaire visible. [4]
En raison de la forme bombée de l’os du pied, une fracture de type II peut apparaître comme deux lignes de fracture sur la radiographie, l’une en haut et l’autre en bas. Cela peut parfois être confondu avec des fractures multiples distinctes ou une fracture comminutive, où l’os est brisé en plusieurs fragment. [4]
Le pronostic des fractures de type II est généralement moins favorable que celui des fractures de type I en raison du risque de développement d’arthrose dans l’articulation IPD. Cependant, le pronostic reste réservé à bon et est plus favorable que pour les fractures de type III.
Les jeunes chevaux (moins de trois ans) ont tendance à mieux guérir et à présenter un meilleur pronostic à long terme que les chevaux plus âgés souffrant de ce type de fracture. [4]
Type III
Les fractures de type III se distinguent par le fait qu’elles divisent la troisième phalange en deux moitiés égales. [4][5] Les signes et méthodes diagnostiques pour les fractures de type III sont les mêmes que pour les fractures de type II. [4][5]
Les fractures de type III peuvent être traitées médicalement ou chirurgicalement. Le traitement médical offre un bon pronostic pour un retour à l’exercice monté chez les chevaux de moins de trois ans et un pronostic plus réservé chez les chevaux plus âgés.
Le traitement chirurgical des fractures de type III donne un pronostic modérément favorable si aucune complication ne survient. [4]
Type IV
Les fractures de type IV touchent le processus extenseur de la phalange distale, une projection osseuse servant de point d’insertion au tendon extenseur digital long. Ces fractures peuvent être causées par une hyperextension, une avulsion de la boîte cornée ou des anomalies du développement des os et du cartilage. [4]
Chez certains chevaux présentant une fracture de type IV, les fragments osseux peuvent rester asymptomatiques et n’être découverts que de manière fortuite sur les radiographies. Dans d’autres cas, les signes cliniques d’une fracture de type IV peuvent ressembler à ceux observés dans d’autres affections de l’articulation IPD, avec un épanchement articulaire et une boiterie localisée à l’articulation IPD ou au pied. [4]
Le traitement chirurgical des fractures de type IV semble offrir un bon pronostic à court terme. Cependant, une étude a montré que moins de la moitié des chevaux présentaient une bonne santé locomotrice quatre ans après la chirurgie. Même après une opération, un suivi médical à long terme peut être nécessaire pour gérer la douleur. [4]
Type V
Les fractures de type V impliquent plusieurs fractures de la troisième phalange et entraînent une boiterie sévère. Elles touchent généralement l’articulation IPD et provoquent un épanchement. [4]
Les fractures de type V surviennent généralement à la suite d’un traumatisme au pied. Elles peuvent également apparaître secondairement à une ostéite septique (une infection bactérienne du pied), ou à des séquestres (morceaux d’os morts séparés de l’os sain). D’autres types de fractures de la troisième phalange peuvent évoluer vers une fracture de type V si un traumatisme supplémentaire se produit. [4]
Les fractures de type V peuvent être confondues avec d’autres types de fractures sur les radiographies initiales. Ainsi, des clichés supplémentaires ou des techniques spéciales peuvent être nécessaires pour établir un diagnostic précis. En cas d’infection, un débridement chirurgical local est requis, mais autrement, le traitement chirurgical n’est pas utilisé pour ce type de fractures. [4]
Les fractures de type V ont le pronostic le plus défavorable de tous les types de fractures de la troisième phalange. Cela est dû à la présence de multiples fragments, à l’instabilité de la fracture et à l’atteinte articulaire. Cependant, il est parfois possible de gérer une fracture de type V de manière à maintenir la qualité de vie de juments reproductrices ou de chevaux de compagnie vivant au pâturage. [4]
Type VI
Les fractures de type VI sont situées le long de la bordure plantaire. Elles surviennent chez les chevaux adultes et provoquent généralement une boiterie légère. Elles peuvent également être découvertes par hasard sur des radiographies de chevaux ne souffrant pas de boiterie. Ces fractures touchent principalement les membres antérieurs et se produisent généralement entre les quartiers et la pince, vers l’avant du pied. Elles sont souvent observées chez les chevaux ayant des soles fines et présentant d’autres signes d’inflammation de la troisième phalange. [4]
Les fractures de type VI peuvent être causées par un traumatisme ou apparaître secondairement à une laminite ou à d’autres affections du sabot. Les chevaux travaillant sur des surfaces dures peuvent également être prédisposés à ce type de fracture. [4]
Durant les phases aiguës, les chevaux peuvent montrer une sensibilité lors de l’application d’une pince exploratrice, bien que ce ne soit pas systématique. Ils peuvent aussi présenter un historique de douleurs au pied. La boiterie répond à un bloc nerveux digital palmaire ou sesamoïdien abaxial. [4]
Les fractures de type VI peuvent impliquer un seul ou plusieurs fragments. La plupart des fragments se résorbent ou forment une union fibreuse si les chevaux bénéficient d’un repos prolongé. [4]
Le pronostic pour les fractures de type VI est bon si le cheval bénéficie d’une période de repos appropriée. Toutefois, si d’autres problèmes comme la laminite sont présents, le pronostic dépend de la pathologie spécifique. [4]
Type VII
Les fractures de type VII sont similaires aux fractures de type VI mais sont spécifiques aux poulains. Elles surviennent toujours à la jonction du processus palmaire/plantaire et de la partie centrale de l’os du pied. [4]
Les fractures de type VII semblent fréquentes. En fait, dans une étude, 74 % des poulains étudiés présentaient une ou plusieurs fractures de la troisième phalange. L’âge moyen au moment de la fracture était de trois à quatre mois. [6]
Contrairement aux fractures de type I, qui touchent le processus palmaire/plantaire, les fractures de type VII débutent et se terminent à la bordure plantaire. Elles seraient causées par une force excessive exercée sur le tendon fléchisseur profond ou sur la troisième phalange lors de la mise en charge. [4]
Les fractures de type VII peuvent être associées à une boiterie légère, mais dans certains cas, elles peuent être totalement asymptomatiques. Contrairement aux autres types de fractures de la troisième phalange, les signes cliniques des fractures de type VII peuvent se résorber spontanément avant la réalisation des radiographies. [4][6]
Si une fracture de type VII est diagnostiquée, le traitement consiste en une restriction de l’exercice. Le ferrage correctif n’est généralement pas nécessaire. Le pronostic à long terme est excellent. [4][6]
Traitement des fractures de la troisième phalange
Il existe des options de traitement chirurgicales et non chirurgicales pour la plupart des types de fractures de la troisième phalange. La chirurgie est principalement utilisée lorsque l’articulation IPD est impliquée. Si la fracture résulte d’une blessure pénétrante, celle-ci doit également être traitée. [4]
Les options de traitement non chirurgicales comprennent généralement : [4]
- La maréchalerie corrective
- Les plâtres de pied
- Le eepos au box
- L’exercice contrôlé
- L’administration d’AINS
Ces méthodes sont également utilisées pour favoriser la convalescence après un traitement chirurgical. [4]
Maréchalerie corrective
La maréchalerie corrective permet d’immobiliser complète le sabot en limitant l’expansion des talons. Elle implique généralement un plâtre, un fer à rebord ou un fer à barre avec plusieurs attaches. [4]
Les plâtres sont généralement appliqués autour de l’ensemble du pied, y compris la couronne. Comme le matériau du plâtre est très contraignant, les plâtres recouvrant la couronne exigent une surveillance étroite pour éviter les complications. [4]
Des matériaux en polyester de qualité balistique sont apparus plus récemment. Ceux-ci permettent d’envelopper le pied tout en restant sous la couronne. Ce type de plâtre est associé à un risque plus faible de complications. [4]
Pour les fractures de type III, un traitement intra-articulaire de l’articulation IPD peut être recommandé en cas de synovite ou d’arthrose. [4]
Chirurgie
Le traitement chirurgical des fractures de la troisième phalange implique souvent le retrait des fragments osseux et/ou la réparation de la troisième phalange à l’aide de vis. Les complications possibles incluent : [4]
- Un risque accru d’infection,
- L’échec de la réparation de la fracture,
- Un conflit des vis avec les structures adjacentes,
- Une arthrose de l’articulation IPD
Le traitement chirurgical comporte un taux de complications plus élevé et est plus coûteux que les options non chirurgicales. En revanche, une chirurgie réussie offre la réparation la plus fiable à long terme de l’articulation IPD. [4]
Dans de nombreux cas de fractures de l’os du pied, il est recommandé d’effectuer un suivi régulier par radiographies afin d’évaluer l’état de la guérison. Lorsque les protocoles de traitement sont respectés, la boiterie diminue généralement au cours des deux à quatre premières semaines. La plupart des chevaux marchent normalement au pas entre quatre et huit semaines après l’opération. [4]
Pour les chevaux souffrant de boiterie chronique, la neurectomie est une option de dernier recours. Cette procédure désensibilise le pied mais n’empêche pas le développement d’affections dégénératives. [4] Les chevaux ayant subi une neurectomie ne peuvent pas participer à des compétitions, et de nombreux vétérinaires ne recommandent plus cette procédure.
3) Kystes sous-chondraux
Les kystes sous-chondraux, également appelés lésions kystiques sous-chondrales, sont les lésions de type kystique les plus fréquentes chez les chevaux.
Toutefois, il ne s’agit pas de vrais kystes, car ils sont dépourvus de revêtement épithélial et communiquent souvent avec l’articulation. Ils se développent généralement chez les chevaux âgés de trois à dix-huit mois. [7][8]
Les kystes sous-chondraux peuvent toucher plusieurs os, l’articulation IPD étant le deuxième site le plus fréquent après le condyle fémoral. Ils touchent généralement l’os sous-chondral et peuvent varier en taille ou en forme. Ils peuvent être profonds ou superficiels. [7]
Les facteurs de risque des kystes sous-chondraux chez les chevaux comprennent : [7][9]
- Une prédisposition génétique
- Une alimentation inadéquate
- Un taux de croissance anormal
- Des déséquilibres hormonaux
- Une ostéochondrite préexistante
- Des problèmes biomécaniques
- Des blessures
Les kystes sous-chondraux de l’os du pied sont plus souvent diagnostiqués chez les mâles. Les Pur-sang semblent également plus touchés que d’autres races. Ces kystes peuvent se développer au niveau des membres antérieurs ou postérieurs. [7]
La plupart des kystes touchant la troisième phalange se situent près du centre de l’os. Les signes cliniques peuvent inclure : [7]
- Un épanchement autour de l’articulation IPD
- Un épanchement autour des boulets
- Une boiterie
Diagnostic
Les kystes sous-chondraux sont généralement diagnostiqués à l’aide de blocs nerveux et de radiographies. [7]
Les caractéristiques radiographiques de ces kystes dépendent de leur stade de développement. Ils peuvent apparaître comme : [7]
- Un léger aplatissement ou une dépression de la surface articulaire
- Des taches sombres circulaires ou ovales à l’intérieur de l’os
La tomodensitométrie l’imagerie par résonnance magnétique peuvent également être utiles pour diagnostiquer les kystes sous-chondraux. [7]
Traitement
Le traitement peut être chirurgial ou conservateur, avec des exercices contrôlés et l’utilisation symptomatique d’AINS. Le traitement conservateur des kystes de l’os du pied semble avoir un faible taux de réussite. [7]
Le traitement chirurgical vise à prévenir l’augmentation du volume du kyste et à favoriser le comblement de la lésion par du tissu osseux. Le débridement chirurgical, qui consiste à retirer le tissu osseux mort ou endommagé, semble offrir le taux de succès le plus élevé (70 à 90 %). [7]
Plus récemment, l’administration arthroscopique intra-articulaire de stéroïdes directement dans les kystes a été recommandée. Cette approche permettrait un meilleur taux de succès et un temps de récupération plus court. [7]
Le pronostic de retour à la compétition pour les chevaux présentant des kystes sous-chondraux de la troisième phalange varie largement de 30 à 90 %. Il dépend de la race, de l’âge, du type d’activité du cheval, de la surface du cartilage touchée, de la présence d’arthrose concomitante et du type de traitement. [7]
4) Lésions des ligaments collatéraux
Les ligaments collatéraux de l’articulation IPD se situent profondément dans la boîte cornée du sabot. Ils soutiennent l’articulation IPD lors de différents types de mouvement. [10]
Chez les chevaux de sport, la desmite des ligaments collatéraux de l’articulation IPD (LC-AIPD) est une cause fréquente de boiterie. En fait, ces ligaments sont les structures les plus touchées dans la région du sabot. Les chevaux âgés de neuf ans et plus présentent un risque accru de développer cette pathologie. [10][11]
On croit que les lésions des LC-AIPD résultent d’un stress biomécanique causé par des forces de rotation dans la troisième phalange lorsque le sabot touche le sol. Un déséquilibre médio-latéral chronique du sabot semble être un facteur contribuant. Les déformations angulaires du sabot peuvent également prédisposer un cheval aux problèmes de LC-AIPD. [11]
Les sports équestres impliquant des mouvements circulaires combinés à des arrêts soudains (p. ex., le reining) ou l’exercice sur un terrain irrégulier peuvent également contribuer aux lésions des LC-AIPD. [11]
Les chevaux atteints de desmite des LC-AIPD ne présentent pas toujours des signes cliniques spécifiquse, mais souffrent généralement d’une boiterie aiguë ou chronique dont la sévérité peut varier. La manifestation de la boiterie peut changer selon la direction du mouvement et le type du sol. [10]
Diagnostic et traitement
L’IRM est considérée comme l’examen de référence pour le diagnostic de la desmite des LC-AIPD chez le cheval. [10] Les radiographies et l’échographie peuvent également être utiles dans certains cas. Cette pathologie est parfois diagnostiquée par l’analgésie avec des blocs du nerf digital palmaire ou par l’anesthésie intra-articulaire de l’articulation IPD. [10]
Le traitement implique du repos et des soins de maréchalerie adaptés. Dans certains cas, des injections de produits biologiques thérapeutiques ou la thérapie par ondes de choc extracorporelles peuvent également favoriser la guérison. Le pronostic de retour à l’activité sportive est bon. [10]
5) Forme cartilagineuse
La forme cartilagineuse équine désigne les cas où le cartilage du sabot se transforme en os (ossification). Elle est probablement causée par des chocs répétés sur le sabot.
La forme cartilagineuse est plus souvent observée au niveau des membres antérieurs des chevaux lourds ou de ceux présentant des anomalies de conformation. [12] [13]
Les cartilages du sabot du cheval remplissent trois fonctions principales : [12]
- Offrir un support à la partie inférieure du pied
- Dissiper les forces subies lors de l’impact du pied avec le sol
- Favoriser le retour sanguin depuis le membre
Lorsque les cartilages s’ossifient, leur capacité à dissiper les forces diminue. Une ossification importante réduit la flexibilité du sabot. Ces modifications entraînent un transfert de forces vers d’autres structures du pied, ce qui peut provoquer des adaptations ou des blessures dans d’autres tissus. [12]
Chez les chevaux présentant souffrant de forme cartilagineuse, l’ossification commence généralement à la base du cartilage collatéral et progresse vers l’intérieur. Dans certains cas, elle peut également se développer à partir d’un centre d’ossification distinct. Le côté latéral (externe) du sabot est plus souvent touché que le côté médial (interne). [12][13]
Traitement et pronostic
La gravité de l’ossification dans la forme cartilagineuse peut être mesurée à l’aide d’un système de notation de 0 à 5, 0 indiquant l’absence d’ossification et 5 représentant les changements les plus sévères :
- 0 : Pas d’ossification visible (cartilage normal)
- 1–2 : Ossification légère avec petites zones minéralisées
- 3 : Ossification modérée avec zones minéralisées plus grandes ou distinctes
- 4–5 : Ossification sévère avec minéralisation étendue et possible fusion avec l’os environnant
En raison de la proximité anatomique des cartilages collatéraux du pied et des ligaments collatéraux de l’articulation IPD, la forme cartilagineuse est parfois associée à des blessures des ligaments collatéraux. [12]
La forme cartilagineuse est rarement la cause principale d’une boiterie, bien que les chevaux présentant cette pathologie puissent montrer une foulée raccourcie. Elle est généralement découverte par hasard lors d’un examen physique ou de radiographies des pieds. Une ossification importante peut être perceptible lors de la palpation près de la couronne. [12][13]
Dans de rares cas, le cartilage ossifié peut se fracturer. Les signes d’une fracture comprennent une chaleur localisée, une enflure et une douleur à la palpation. [13]
La forme cartilagineuse est irréversible une fois que le cartilage est ossifié. Le traitement est symptomatique et comprend le repos ainsi que des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Tout déséquilibre du sabot doit également être corrigé. Si la boiterie persiste, une neurectomie unilatérale ou une excision chirurgicale du cartilage ossifié peut être réalisée en dernier recours. [13]
Le pronostic est généralement bon pour les chevaux atteints de forme cartilagineuse, sauf si la boiterie est suffisamment sévère pour nécessiter une chirurgie. Dans de tels cas, le pronostic est plus réservé. [13][14]
Prévention des boiteries liées à la phalange distale chez le cheval
Des soins réguliers des sabots et des évaluations vétérinaires sont essentiels pour prévenir et détecter les boiteries liées à l’os du pied. Planifiez des examens de boiterie au moins une fois par année, ou plus souvent si votre cheval présente des signes d’inconfort.
Travaillez avec un maréchal expérimenté pour maintenir un bon équilibre des sabots. Des parages réguliers toutes les 4 à 6 semaines, ou un ferrage lorsque nécessaire, permettent d’aligner correctement la boîte cornée du sabot, de répartir le poids uniformément et de réduire la pression sur la phalange distale.
Un programme d’entraînement bien planifié aide également à protéger l’articulation du pied. Introduisez progressivement les nouveaux exercices, alternez les activités à fort impact avec des activités à faible impact comme la marche sur des terrains variés, et prévoyez des journées de repos pour permettre aux sabots de récupérer. Assurez-vous également que votre cheval maintient un état de chair idéal, car un excès de poids augmente les contraintes exercées sur les sabots.
Enfin, une bonne alimentation est cruciale pour la solidité des sabots et la santé générale. Offrez à votre cheval une alimentation équilibrée à base de fourrage qui fournit les vitamines, minéraux et protéines nécessaires pour soutenir la santé des sabots et la solidité des tissus conjonctifs. Un supplément complet de vitamines et minéraux, tel qu’Omneity de Mad Barn, contribue à vous assurer que votre cheval reçoit tous les nutriments nécessaires pour construire des sabots forts et résistants.
Si vous n’êtes pas certain que le régime alimentaire de votre cheval répond à tous ses besoins, prenez rendez-vous pour une consultation nutritionnelle gratuite avec l’un de nos nutritionnistes équins qualifiés.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’os du pied chez les chevaux :
L’os du pied d’un cheval est l’os le plus bas à l’intérieur de la capsule du sabot, aussi appelé phalange distale, os pédieux ou P3. Il se situe près du sol et se relie à la paroi du sabot par un tissu lamellaire sensible. Cet os aide à soutenir le poids du corps, à absorber les chocs et à transférer la force à travers le sabot à chaque pas. Il fait partie de l’articulation interphalangienne distale, aussi appelée articulation du pied, avec l’os de la deuxième phalange et l’os naviculaire. Comme il est entièrement enfermé dans le sabot, les problèmes nécessitent souvent une imagerie vétérinaire pour être confirmés.
Les os du pied sont importants parce qu’ils aident les sabots du cheval à supporter le poids et à absorber les chocs pendant le mouvement. Sa forme fournit une base pour la capsule du sabot, tandis que les tissus mous, les vaisseaux sanguins et les lamelles à proximité aident à soutenir l’os. Des dommages à ces structures peuvent rapidement affecter le confort, le mouvement et la solidité du cheval.
La boiterie liée à l’os du pied peut se développer à partir de fractures, d’arthrose basse du pied, de kystes sous-chondraux, de blessures aux ligaments collatéraux ou d’ossification des cartilages latéraux. Un sol dur, un mauvais équilibre du sabot, un traumatisme, une conformation anormale et des chocs répétés peuvent augmenter le stress sur le sabot. Certains problèmes apparaissent soudainement, tandis que d’autres se développent progressivement au fil du temps.
Les signes de problèmes de l’os du pied peuvent inclure une boiterie, de la chaleur dans le pied, un pouls digital plus fort, une sensibilité au testeur de sabot, une foulée raccourcie ou un gonflement près de la bande coronaire. Certains chevaux montrent une boiterie plus marquée lors des virages ou du travail sur un sol irrégulier. Comme les signes peuvent se chevaucher avec d’autres problèmes du sabot, un examen vétérinaire est nécessaire.
Une fracture de l’os du pied peut guérir, mais la récupération dépend du type de fracture, de l’implication articulaire, de l’âge du cheval et du plan de traitement. Certaines fractures s’améliorent avec du repos, une ferrure corrective, des plâtres de pied et un exercice contrôlé. Les fractures plus graves peuvent nécessiter une chirurgie, surtout lorsque l’articulation du pied est affectée. La guérison nécessite souvent des radiographies de suivi.
La boiterie liée à l’os du pied est diagnostiquée par un examen vétérinaire, des testeurs de sabot, des blocs nerveux et de l’imagerie. Les radiographies sont couramment utilisées pour identifier les fractures, les changements osseux, la rotation ou des lésions de type kystique. Une IRM, une TDM, une échographie, une scintigraphie osseuse ou une arthroscopie peuvent être recommandées lorsque les structures plus profondes du sabot nécessitent une évaluation plus approfondie.
L’arthrose basse est une arthrose de l’articulation du pied, aussi appelée articulation interphalangienne distale. La dégradation du cartilage entraîne une inflammation, une raideur et une nouvelle formation osseuse autour de l’articulation. Les chevaux affectés peuvent présenter une boiterie légère à sévère, un gonflement dur près de la bande coronaire ou une accumulation de liquide dans l’articulation.
L’ossification des cartilages latéraux est une affection du sabot où les cartilages collatéraux se transforment en os. Elle est plus fréquente dans les membres antérieurs des chevaux plus lourds ou des chevaux présentant un déséquilibre du sabot ou des problèmes de conformation. De nombreux cas sont découverts lors d’examens ou de radiographies sans provoquer de boiterie évidente, bien que les cas graves puissent réduire la flexibilité du sabot.
La prévention de la boiterie liée à l’os du pied commence par des soins réguliers des sabots, un parage ou une ferrure équilibrés, un conditionnement progressif et une gestion attentive des sols durs ou irréguliers. Des parages réguliers toutes les 4 à 6 semaines, ou toutes les 4 à 6 semaines (environ 1 à 1,5 mois), aident à maintenir l’équilibre du sabot. Une alimentation équilibrée à base de fourrage soutient également la solidité du sabot et la santé des tissus conjonctifs.
Résumé
L’os du pied est l’os le plus distal des membres du cheval et fait partie de l’articulation interphalangienne distale (IPD). Vu son rôle en tant que principal os porteur du pied, il est une source fréquente de boiterie.
- L’os du pied est également appelé P3, troisième phalange et phalange distale
- Les affections de l’os du pied associées à la boiterie comprennent la forme phalangienne basse, les fractures, les kystes sous-chondraux, les lésions des ligaments collatéraux et la forme cartilagineuse
- Ces affections peuvent entraîner différents degrés de boiterie et sont liées diverses options de traitement
- Un suivi régulier comprenant des examens de boiterie et des soins de maréchalerie aident à prévenir les boiteries liées à l’os du pied
Références
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